Et si votre genre littéraire vous choisissait, et pas l’inverse ?

par | Avr 25, 2026 | Découvertes littéraires, Tous, Voyages littéraires

On pose souvent la question aux auteurs :
“Tu écris dans quel genre ?”

Comme si la réponse devait être évidente.
Comme s’il fallait, dès le départ, entrer dans une case bien définie.

Romance.
Thriller.
Fantasy.
Feel-good.

Des mots simples, presque rassurants.
Des étiquettes qui permettent de se situer. De se vendre. De se comprendre.

Mais si, en réalité…
ce n’était pas à vous de choisir ?

 

Cette illusion du choix

Quand on commence à écrire, on croit souvent que tout part d’une décision.

On se dit :

  • Je vais écrire une romance.
  • Je veux faire du thriller.
  • La fantasy, c’est ce qui me correspond le mieux.

Alors on s’applique.
On observe les codes.
On essaie de reproduire ce qui fonctionne.

On construit une histoire autour d’un cadre déjà existant.

Et parfois… ça marche.

Mais parfois aussi, quelque chose résiste.

Une impression étrange.
Comme si le texte refusait de rester à sa place.

Quand l’histoire déborde

Vous aviez prévu une romance légère.

Mais vos personnages souffrent plus que prévu.
Leurs blessures prennent de la place.
Leurs silences deviennent lourds.

Votre “feel-good” devient plus sombre.
Votre romance se teinte de douleur.
Votre intrigue glisse vers quelque chose de plus profond, de plus brut.

Et là, vous doutez.

Est-ce que je suis encore dans le bon genre ?
Est-ce que je fais “mal” les choses ?

Non.

Vous êtes peut-être simplement en train d’écouter votre histoire.

 

Le genre comme conséquence, pas comme point de départ

Et si le genre n’était pas une base… mais une résultante ?

Un peu comme une empreinte laissée après coup.

Vous écrivez une histoire.
Vous développez des personnages.
Vous explorez des émotions.

Et, seulement ensuite, un genre se dessine.

Pas forcément pur.
Pas forcément “correct” selon les standards.

Mais profondément sincère.

 

Écrire ce qui déborde

Il y a des histoires qui ne rentrent pas dans les cases.

Parce qu’elles viennent de quelque chose de plus intime.

Une expérience.
Une blessure.
Une peur.
Un besoin de dire.

Et ces histoires-là ne se demandent pas :
“Dans quel rayon vais-je être classée ?”

Elles avancent comme elles peuvent.
Avec leurs contradictions.
Leur désordre.
Leur vérité.

 

Le regard extérieur : nécessaire… mais parfois limitant

Bien sûr, le monde de l’édition fonctionne avec des genres.

Les librairies ont besoin de classer.
Les lecteurs ont besoin de repères.
Les maisons d’édition ont besoin de positionner.

C’est logique.
C’est même essentiel.

Mais pour l’auteur, cette logique peut devenir un piège.

Parce qu’elle arrive trop tôt.

Elle intervient avant même que l’histoire ait eu le temps d’exister pleinement.

 

Entre liberté et contraintes

Faut-il alors ignorer totalement les genres ?

Pas forcément.

Les genres sont utiles.
Ils offrent des repères.
Ils donnent une structure.
Ils permettent de comprendre certaines attentes.

Mais ils ne devraient pas être une cage.

Plutôt… une direction possible.

 

Écrire avant de définir

Et si on inversait les choses ?

Et si, au lieu de dire :
“Je vais écrire une romance”

On disait :
“Je vais écrire cette histoire, et je verrai ensuite ce qu’elle devient.”

Cela demande du lâcher-prise.

Accepter de ne pas savoir.
Accepter de ne pas rentrer immédiatement dans une case.
Accepter que le texte évolue… parfois loin de ce qu’on avait prévu.

Mais c’est aussi là que quelque chose de plus authentique peut émerger.

 

Le genre comme reflet de vous

Au fond, le genre que vous écrivez n’est peut-être pas un choix stratégique.

C’est peut-être un reflet.

De votre sensibilité.
De votre manière de voir le monde.
De ce qui vous touche, vous dérange, vous obsède.

Certains auteurs écriront toujours des histoires lumineuses.
D’autres seront attirés par des zones plus sombres.
Certains navigueront entre les deux.

Et aucun de ces chemins n’est “meilleur” qu’un autre.

 

Quand on force… ça se sent

On le ressent très vite, en tant que lectrice.
Et encore plus en tant que correctrice.

Un texte qui force son genre.

Un thriller sans tension réelle.
Une romance sans émotion sincère.
Un feel-good qui sonne creux.

Pourquoi ?

Parce que l’intention est là…
mais pas la vérité.

 

Mon regard de correctrice

Avec le temps, j’ai compris quelque chose en corrigeant des manuscrits.

Les textes les plus justes ne sont pas toujours ceux qui respectent parfaitement les codes.

Ce sont ceux qui assument leur identité.

Même imparfaite.
Même hybride.
Même difficile à classer.

Ce sont ceux où l’auteur a laissé l’histoire exister… avant de vouloir la définir.

 

Et si vous étiez entre plusieurs genres ?

C’est souvent une source d’angoisse.

“Mon texte est trop romance pour être un thriller.”
“Trop sombre pour être du feel-good.”
“Pas assez codifié pour de la fantasy.”

Mais peut-être que ce “entre-deux”…
est justement votre force.

Les frontières entre les genres sont de plus en plus floues.

Et les lecteurs aussi évoluent.

Ils cherchent des émotions.
Des expériences.
Des histoires qui les marquent.

Pas uniquement des cases bien respectées.

 

Accepter ce qui vient

Écrire, ce n’est pas toujours maîtriser.

C’est aussi accueillir.

Ce qui surgit.
Ce qui dérange.
Ce qui ne correspond pas à ce qu’on avait prévu.

Et parfois, c’est précisément dans ces moments-là
que l’histoire devient vraiment intéressante.

 

Une autre façon de se poser la question

Peut-être que la vraie question n’est pas :

“Dans quel genre j’écris ?”

Mais plutôt :

  • Qu’est-ce que j’ai besoin de raconter ?
  • Qu’est-ce que je veux faire ressentir ?
  • Qu’est-ce qui, en moi, cherche à s’exprimer ?

Le genre viendra après.

Presque naturellement.

 

Et si vous vous faisiez confiance ?

Il y a une forme de liberté à lâcher cette pression.

À arrêter de vouloir bien faire…
et commencer à écrire vrai.

Votre histoire trouvera sa place.
Peut-être pas immédiatement.
Peut-être pas parfaitement.

Mais elle la trouvera.

 

En somme…

Et si votre genre littéraire ne vous appartenait pas vraiment ?

Et s’il était simplement le reflet de ce que vous avez laissé émerger ?

Alors peut-être que le véritable travail n’est pas de choisir.

Mais d’écouter.

D’écrire.
De laisser faire.
De faire confiance au processus.

Et d’accepter que, parfois,
ce sont les histoires qui savent mieux que nous
ce qu’elles sont censées devenir.

 

Et vous ? 

Avez-vous déjà commencé une histoire en pensant écrire dans un genre… pour finalement en découvrir un autre en cours de route ?

 

 

 

 

 

 

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